Page:O'Leary - Le roman canadien-français, 1954.djvu/193

Cette page a été validée par deux contributeurs.
191
PERSPECTIVES

dera toujours les moules dans lesquels on voudrait la couler.

Nous sommes donc arrivés à un stade d’évolution littéraire qui demande une réadaptation des disciplines que l’on voudrait nous imposer. Il faudrait que l’on cesse de nous considérer comme un peuple-enfant. Je pense que, malgré tout, notre catholicisme est assez solide pour nous permettre d’aborder les sujets qui ont permis à des écrivains comme Bernanos, Mauriac, Greene et d’autres encore, de s’imposer au premier rang des maîtres du roman contemporain. C’est nous faire injure que de penser que nous ne sommes pas en mesure de faire les distinctions qui s’imposent, c’est faire injure aussi aux éducateurs qui nous ont formés et mettre en doute la solidité et l’excellence de cette formation.

Et nous devons, surtout, garder les contacts avec la France et les autres pays de culture française : non seulement parce que la civilisation française est une, même si ses manifestations sont multiples et soumises à des circonstances et conjonctures diverses, mais, précisément, parce que, du fait des circonstances mêmes où nous vivons, ce n’est que par des relations suivies avec les autres foyers de culture française qu’en même temps que nous éviterons l’étouffement, nous pourrons enri-