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LAISSONS LES CHOSES


» Déjà dans la Chrétienté sont mutilés
» Et ne peuvent plus célébrer la messe
» Chapelains, chanoines, évêques,
» Qui se sont permis une si criminelle licence ;
» Jusque dans le sacré collège, plus de vingt
» De nos collègues sont privés de leur instrument.

» C’est en vain que le successeur de Pierre a voulu
» Porter remède à un tel scandale,
» Et qu’il a fait publier dans le monde entier
» Une bulle si parfaite, qu’aucune ne l’égala jamais ;
» C’est en vain que la foudre de l’excommunication
» S’est abattue sur quiconque dévissait son oiseau.

» Les excommunications… oh ! temps abominables !
» Elles faisaient jadis trembler les Rois sur le trône !
» Elles mettaient les nations sens dessus dessous !
» Aujourd’hui on les méprise, elles ne signifient rien !
» Tout le monde les reçoit aussi tranquillement
» Que l’on boit de l’eau de la gouttière.

» Mais si cette foudre, qu’avec raison tant redoutèrent
» Les peuples anciens, est insuffisante,
» Nous ne sommes pas à bout de ressources et de moyens ;
» Nous pouvons encore nous venger,
» Si contre les infidèles il est bon et louable,
» Quand la force ne vaut, d’employer la ruse.

» Allez-vous-en donc, du courroux papal
» Belles messagères, préparer notre vengeance ;
» L’éclat obscurci de la tiare
» De vous, et non en vain, de vous seules se recommande :
» Par les villes, par les bourgs, par les villages
» Allez, et levez-moi le cotillon.