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Jeunes beautés en vain tendent filets ;
Les jouvenceaux, cette engeance maudite,
Fait bande a part ; près des plus doux objets
D’être indolent chacun se félicite.
Nul en amour ne daigne être hypocrite ;
Ou si parfois un de ces étourdis
A quelques soins s’abaisse et s’habitue,
Don de merci seul il n’a pas en vue.
On n’aime plus comme on aimait jadis.

Tous jeunes cœurs se trouvent ainsi faits.
Telle denrée aux folles se débite ;
Cœurs de barbons sont un peu moins coquets :
Quand il fut vieux, le diable fut ermite.
Mais rien chez eux à tendresse n’invite ;
Par maints hivers désirs sont refroidis ;
Par maux fréquens humeur devient bourrue.
Quand une fois on a tête chenue,
On n’aime plus comme on aimait jadis.


ENVOI.


Fils de Vénus, songe à tes intérêts ;
Je vois changer l’encens en camouflets :
Tout est perdu, si ce train continue.
Ramène-nous le siècle d’Amadis.
Il est honteux, qu’en cour d’attraits pourvue,
Où politesse au comble est parvenue,
On n’aime plus comme on aimait jadis.


M.me Deshoulières.