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les siècles français

à un cousin, Philippe de Valois, qui régna sous le nom de Philippe vi (1328-1350).

On a dit de lui et de son fils Jean ii le Bon (1350-1364) qu’ils étaient « entichés d’une fausse chevalerie ». Leur chevalerie en tout cas cadrait fort mal avec les nécessités du moment. Il faut néanmoins reconnaître que nul prince n’eût réussi à empêcher le conflit franco-anglais d’éclater. La conquête de l’Angleterre par les Normands, le mariage d’Henri Plantagenet avec la femme divorcée de Louis vii, en avaient pour ainsi dire posé le lointain principe. Philippe-Auguste apercevait si nettement ce péril que « pendant les quarante-trois ans de son règne il ne laissa point passer deux printemps sans guerroyer contre les rois d’Angleterre ou leurs barons » (Lavisse et Rambaud). Malgré ses tendances pacifistes, saint Louis avait dû, lui aussi tirer l’épée contre l’ennemi héréditaire d’alors. À la mort du dernier fils de Philippe le Bel, Édouard iii d’Angleterre eût pu être l’héritier reconnu s’il n’y avait pas eu la loi salique. La loi salique excluait l’héritage par les femmes. Philippe de Valois fut donc proclamé, mais on pouvait craindre que cette circonstance ne précipitât les hostilités. Il en fut ainsi. Ce que nul par contre n’eût prévu, c’est qu’une période d’effroyables calamités allait commencer pendant laquelle on verrait des princes français trahir et ruiner la France, la guerre civile mêler ses horreurs à celles de la guerre étrangère, des bandes de pillards ravager le pays, un roi clément réduit à accepter la plus honteuse des capitulations… jusqu’au jour où Jeanne d’Arc, la merveilleuse héroïne (1429-1431) viendrait