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les siècles français

même temps qu’il orientait l’exercice du pouvoir dans la voie de la justice et de l’intérêt public. Ses ordonnances concernant l’administration des villes, la protection du peuple, contre les empiètements des fonctionnaires, le cours de la monnaie, etc… sont les assisses premières d’une législation respectable et forte. C’est qu’autour du roi se tiennent des « légistes » qui, déjà influents sous Philippe-Auguste, le sont plus encore sous son petit-fils et le seront surtout sous Philippe iv le Bel (1285-1314).

« Le règne de Philippe le Bel, a-t-on dit, est le règne des légistes. C’est avec des procès qu’il brise toutes les grandes puissances du temps ». Sortis parfois des rangs du clergé, les légistes de ce temps appartenaient, en général, à la bourgeoisie. Passionnément attachés à la double tâche de fortifier le pouvoir royal et d’abaisser la noblesse féodale, ils s’appuyaient sur le droit romain dont la faveur renaissante[1] allait croissant. Des écoles de droit romain avaient été fondées à Orléans et à Angers et saint Louis avait fait traduire en français le Digeste. La féodalité, affaiblie par les croisades et par les autres entreprises lointaines dans lesquelles s’était émoussée et dépensée sa terrible turbulence, trouvait en ces hommes les plus redoutables adversaires de ses prétentions. Ayant échoué en 1242 dans un vigoureux effort pour

  1. « Malgré la variété infinie de formes, presque toutes les chartes municipales du Midi dénotent chez leurs rédacteurs une grande culture d’esprit, une véritable éducation politique et la connaissance du droit romain… on retrouve dans ces communes les éléments essentiels de l’ancienne cité gallo-romaine. » (Rambaud).