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les siècles romains

Les draperies de laine d’Arras, de Langres, de Saintes, les étoffes de soie et d’or tissées à Lyon, les toiles et tissus de lin de Cahors jouirent d’une grande vogue au dehors. Pline, qui semble parfois admirer les Gaulois à l’égal des Grecs, déclare que leurs objets plaqués sont merveilleux. Les quelques bibelots restés en notre possession montrent à quel degré de perfection furent poussées la verrerie et l’orfèvrerie.

Autour de cette production si variée s’était développé, bien entendu, un trafic intense. Le négoce resta d’abord l’apanage de quelques maisons italiennes qui eurent des comptoirs dans les grandes villes ; les Grecs rivalisaient seuls avec elles. Puis vinrent des Asiatiques, des Syriens ; çà et là s’établirent des bazars orientaux. Les Gaulois eux-mêmes ne laissèrent pas à se montrer « fort experts » dans ce nouveau métier. Ils monopolisèrent, ou à peu près, le commerce avec la Grande-Brelagne, l’approvisionnement des légions stationnées sur la frontière germanique et le mouvement du vaste emporium créé par eux à Bordeaux. La fortune souriait à la Gaule. Velleius Paterculus déclarait qu’elle versait au trésor romain autant que tout le reste de l’empire et l’historien Josèphe, à la fin du ier siècle, disait que « les sources de la richesse semblent y sourdre dans les profondeurs même du sol ».

Le développement intellectuel n’avait pas été moins rapide. Dès le règne d’Auguste, l’école romaine d’Autun rivalisait avec l’école grecque de Marseille déjà célèbre. Ce seront de véritables universités et, jusqu’à la fin du ive siècle, Autun conservera sa renommée dont héritera Bordeaux.