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la politique extérieure

dérouta quelque peu l’opinion. La diplomatie de Guillaume ii qui faisait des efforts marqués et pas toujours infructueux pour se concilier l’Angleterre, avait-elle donc réussi à s’inféoder la Russie ?… Mais bientôt la venue à Paris de l’empereur Nicolas suivie de la visite du président Faure en Russie et de la proclamation solennelle de l’alliance (1897) établit nettement la position des deux groupements européens l’un en face de l’autre : d’un côté l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie ; de l’autre la France et la Russie.

Les choses ne pourraient en rester là. Qu’allait faire l’Angleterre ? En vain chercherait-elle à maintenir son « splendide isolement ». Celui-là même qui avait lancé cette formule sonore, le ministre Chamberlain, travaillait à la démentir et multipliait ses avances à l’Allemagne ainsi qu’aux États-Unis. D’autre part, Cecil Rhodes n’avait pas craint d’exprimer à un ministre français ses vues favorables à une triple entente anglo-franco-russe.

Pour le moment, la chose semblait impossible. Des duels de presse avaient repris entre journaux français et anglais. Le conflit de Fachoda n’était point fait pour apaiser les esprits. Il y eut alors telles manifestations oratoires qui semblèrent présager la rupture fatale.

Delcassé qui venait d’inaugurer au quai d’Orsay son séjour de sept années, mit à l’éviter tout le doigté et toute la mesure dont il était capable. Mais ce danger passé, d’autres surgirent. La guerre avait éclaté entre les États-Unis et l’Espagne. Le sentiment public en France s’était prononcé assez violemment pour ce dernier pays. L’amitié franco-américaine demeurée très affai-