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les élections, les partis et l’opinion

les socialistes semblent avoir escompté comme favorable à leurs desseins la chute de la république parlementaire sous les coups du boulangisme. Déçus, ils se décidèrent à tenter une action politique régulière. Ils livrèrent dès 1892 une grande bataille municipale dont le résultat « se chiffra par 160.000 voix, 736 élus et 29 hôtels de ville emportés d’assaut ». Ainsi s’exprime le manifeste préparé en vue des élections législatives de 1893, ils apportèrent à la République menacée par les exploitants de l’affaire de Panama un concours efficace. Les socialistes, cette fois, réunirent 599.588 suffrages et formèrent, à la Chambre un groupe important et compact. Quelques années plus tard, un de leurs dirigeants, Jaurès parvenait à la vice-présidence de la Chambre et un autre, Millerand, au ministère. Cette montée rapide assura la prédominance des « socialistes de gouvernement » sur les intransigeants. Depuis lors, les partisans de l’absolutisme ont essayé, parfois, de reprendre la direction du parti mais n’y ont guère réussi. D’autre part, les radicaux y trouvant un avantage électoral ont fait une sorte d’alliance avec certains groupes socialistes ; on s’est entendu pour garder le silence sur les solutions communistes dont, au reste, l’impossibilité présente s’impose généralement et pour se borner à poursuivre une sorte d’égalisation relative des conditions dans la mesure où le ressort économique du pays ne risque point de s’y détendre dangereusement.

L’opinion ne s’est pas, depuis quarante ans, laissé beaucoup émouvoir par les violences de l’esprit de parti non plus que par les exagérations de la presse qui, raisonnable au début, a