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la présidence de la république

Compiègne, l’empereur et l’impératrice de Russie ; à Paris, les rois d’Angleterre, d’Italie, d’Espagne… Il visita Saint-Pétersbourg, Copenhague, Rome, Madrid, Lisbonne, Londres, l’Algérie et la Tunisie.

Le président Fallières bien que moins actif de tendances, se rendit néanmoins à Londres, à Copenhague, à Stockholm, à Pétersbourg, à Christiana, à Berne, à Bruxelles, à La Haye. Les rois et reines de Suède, Norvège, Danemark, Belgique, Bulgarie, la reine de Hollande, le roi de Serbie avaient été les hôtes de Paris en visite officielle. Ainsi s’est parachevée l’évolution qui a placé définitivement le président de la République française au rang des souverains et l’a mis, pour le grand bien de la nation, en contact personnel avec eux. Le protocole présidentiel, un peu désorienté au début, a été réglementé avec tact et mesure. Et cet accroissement de prestige, a correspondu bien entendu avec un accroissement d’influence au dehors. Au dedans, la présidence a souvent paru désarmée et depuis le maréchal de Mac-Mahon, deux des prérogatives importantes du chef de l’État sont demeurées inutilisées : le droit de dissolution et celui de demander une seconde délibération pour les lois déjà votées. On aurait tort, toutefois, de croire à l’impuissance de son titulaire. Voici en quels termes s’exprimait à cet égard la Chronique de France de 1906 appréciant le rôle du chef de l’État français : « Inamovible pendant sept années, en contact perpétuel avec le pays, entouré de parlementaires qu’il a fréquentés librement et dont il connaît le fort et le faible[1],

  1. Tous les présidents, depuis 1887, avaient été ministres : MM. Loubet et Fallières l’avaient été plusieurs fois et