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la présidence de la république

voulu faire connaître d’avance sa résolution de ne point se représenter. Un événement tragique précipita l’échéance. Le 24 juin 1894, le président fut assassiné à Lyon par l’anarchiste Caserio au milieu d’une fête publique.

Trois jours plus tard, le congrès de Versailles élisait au premier tour par 451 voix J. Casimir-Périer ; ces voix appartenaient aux groupes modérés ; à l’extrême gauche on avait voté pour H. Brisson ; à droite, pour Ch. Dupuy ou le général Février qui n’était point candidat. Une telle élection donnait beaucoup de force au président, mais sa persévérance et son bon vouloir se trouvèrent vite épuisés. Au bout de six mois, énervé, obéissant à des influences de famille, il se retira à l’improviste et sans gloire ; on chercha en vain parmi ses amis à expliquer sa conduite en laissant croire à des « dessous » sensationnels ; la vérité était plus simple et plus banale.

Le congrès du 17 janvier 1895 assura au second tour 430 voix au ministre de la Marine, Félix Faure, contre 361 à son concurrent radical H. Brisson. Le président continua les traditions récemment établies ; il innova en présidant à plusieurs reprises les séances du Conseil supérieur de la Guerre et en se rendant à Saint-Pétersboug[1] pour y faire une visite officielle à la suite du séjour à Paris de l’empereur et de l’impératrice de Russie (octobre 1896) Sa mort subite interrompit le septennat au début de 1899 et le Congrès porta à la présidence le président

  1. Le voyage se fit par mer avec l’escadre. Les présidents Loubet, Fallières, Poincaré firent de même afin d’éviter la traversée de l’Allemagne qui eût prêté à des complications protocolaires. L’empereur d’Allemagne ne formula jamais d’invitation de s’arrêter à Berlin.