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napoléon iii

a été publiée depuis. De ce rang suprême elle allait promptement déchoir par la faute même de ses gouvernants.

Le comte de Cavour avait profité de la guerre de Crimée pour introduire le petit Piémont dans le concert des grandes puissances. Un corps piémontais avait pris part aux côtés des Français, des Anglais et des Turcs à ces batailles lointaines ; cela valait au génial plénipotentiaire de Victor-Emmanuel de participer aux travaux du Congrès de Paris. Il y devint bientôt la figure prépondérante et s’empara de l’esprit de l’empereur. Une sorte d’intrigue se noua entre eux et finalement un accord secret les lia (juillet 1858). De cet accord sortit la guerre d’Italie (1859), illustrée par les victoires de Magenta et de Solferino et terminée brusquement par le traité de Villafranca qui consacrait la défaite des Autrichiens sans stipuler l’émancipation complète promise aux Italiens par l’empereur des Français[1].

Celui-ci perdait d’un seul coup tous ses amis sans en acquérir de nouveaux. Les Italiens étaient déçus de voir la Vénétie demeurer sous le joug de l’Autriche. Le mouvement révolutionnaire qui éclata dans la péninsule n’en fut que plus ardent ; Garibaldi conquit le royaume de Naples à l’unité italienne et menaça les États de l’Église. Le tempérament violent du pape Pie ix le dressa contre Napoléon iii et les catholiques mirent à honnir l’empereur autant de conviction qu’ils en avaient apportée naguère à

  1. L’empereur avait déclaré en partant en guerre qu’il allait libérer l’Italie « des Alpes à l’Adriatique ». Diverses considérations l’amenèrent à signer la paix avant d’avoir atteint ce résultat.