Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée
143
la révolution de 1848

cher leurs traitements sans remplir leurs fonctions. À dix-sept reprises ce scandale avait été dénoncé depuis 1830 et il avait toujours été en empirant. Guizot (premier ministre depuis la fin de 1840) ne voulait rien entendre. « En Europe, disait-il, je suis devenu le gendarme de l’ordre ; c’est une situation inespérée pour la France et dont elle peut tirer le plus grand profit ; je serais coupable en sacrifiant un tel avantage au souci d’aplanir quelques difficultés intérieures. » Louis-Philippe pensait de même ; il avait imposé sa royauté à l’Europe, la croyait solide et en jouissait. Très sûr de lui, il alarmait ses propres enfants[1] par son conservatisme irréductible et aveugle.

La Révolution de 1848

Les partisans de la réforme électorale avaient organisé pendant les derniers mois de 1847 une série de manifestations tapageuses qui avaient peu à peu pris un caractère antimonarchique. Au début de 1848, ce caractère s’accentua encore. Le 22 février, devait avoir lieu à Paris un grand banquet populaire que le gouvernement crut devoir interdire. Ce fut le signal de troubles qui, néanmoins, n’eussent pas présenté de gravité sans un déplorable événement survenu dans la soirée du lendemain. Une décharge inopportune sur la foule agitée mais non révoltée, coucha à terre de nombreuses et innocentes victimes. Les émeutiers chargèrent les cadavres sur des char-

  1. Le prince de Joinville, dans une lettre à son frère le duc de Nemours, et qui a été publiée depuis, s’exprimait en novembre 1847 à ce sujet avec une franchise complète.