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louis-philippe

phrate en 1839. Bien que dirigés par des officiers prussiens (parmi lesquels le futur maréchal de Moltke), ils essayèrent à Nézib une défaite complète. L’enthousiasme des Français, dès lors, ne connut plus de bornes et se traduisit bientôt par une note d’allure belliqueuse en date du 26 janvier 1840. Cette note réclamait pour le khédive la totalité de la Syrie dont l’Angleterre penchait à lui reconnaître une partie et que les autres puissances, et surtout la Russie, n’étaient pas disposées à lui voir concéder. L’empereur Nicolas, qui entretenait envers les Bourbons-Orléans une haine véritable et n’avait cessé de manquer à leur égard aux règles de la courtoisie protocolaire, entrevit l’occasion de les humilier et préféra, pour y parvenir, sacrifier quelque chose des prétentions traditionnelles de la diplomatie russe. Une négociation mystérieuse menée à Londres aboutit à la signature de la fameuse convention du 15 juillet 1840, par laquelle l’Angleterre, l’Autriche, la Prusse et la Russie réglaient la question d’Égypte sans la France et à son insu.

L’exaspération en France fut intense. On parla de guerre, mais le roi entendait maintenir la paix à tout prix. Des négociations ultérieures lui permirent de se contenter d’une très minime satisfaction que l’Europe lui accorda. La nation, elle, ne s’en contenta pas. L’impression ressentie par l’humiliation de 1840 fut persistante. En vain Louis-Philippe espéra-t-il plus tard l’effacer par l’affaire dite des « mariages espagnols » ; il était d’un minime intérêt que son dernier fils, le duc de Montpensier, épousât une infante et le succès diplomatique ainsi remporté apparaissait très relatif.