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notre france

ne arrestation n’a lieu ; aucune précaution militaire n’a même été prise. Aussi cette journée et celle du 27 se passent-elles dans un calme relatif ; quelques manifestations peu importantes, quelques désordres isolés. Les députés ne songent qu’à organiser la « résistance légale »[1]. Le 28, les émeutiers de profession, enhardis par l’attitude du gouvernement, entrent en campagne et s’emparent sans peine de l’Hôtel de Ville gardé par six hommes. C’est là que dans la journée du 29 — tandis qu’à Saint-Cloud Charles x se décide à signer le retrait des ordonnances et à confier le pouvoir un cabinet libéral — s’improvise une sorte de gouvernement sans mandat sous la direction de Lafayette. Les désordres augmentent. Des bandes parcourent Paris, des régiments font défection. Personne n’a encore prononcé le nom du duc d’Orléans. Dans la nuit du 29 au 30, par les soins de Thiers, un manifeste enflammé est apposé sur les murs. Il proclame la déchéance de Charles x et propose la royauté de Louis-Philippe en exagérant les périls dont cette royauté préservera le pays.

Ce coup d’audace transforme la situation. Les députés apeurés songent à confier d’abord la « lieutenance générale du royaume » au duc d’Orléans, lequel accourt aussitôt et se rend à l’Hôtel de Ville où Lafayette, l’embrassant, le proclame « la meilleure des républiques ». Le 1er août, Charles x, qui est à Rambouillet, confirme cette sorte de régence et le lendemain il abdique. Avec abnégation le duc d’Angoulême

  1. Un drapeau tricolore ayant été arboré sur les tours de Notre-Dame, le général Sebastiani, député appartenant au groupe avancé, déclare ce même jour que « le seul drapeau national » pour lui est toujours le drapeau blanc.