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la restauration et les cent jours

blanc. Le duc d’Angoulême y était accouru[1]. Bientôt le comte d’Artois entra en France, précédant le roi qui débarqua à Calais le 21 avril 1814.

Le premier acte de Louis XVIII fut de poser, par la célèbre « Déclaration de Saint-Ouen », les bases du régime nouveau. Et, sans doute, en « octroyant » une charte à ses sujets et en la datant « de la 19e année » de son règne, poussait-il un peu loin la fiction légitimiste. Mais on a dû reconnaître, par la suite, qu’au sortir de la tyrannie absolue, cette Charte renfermait fort exactement le maximum des libertés compatibles avec l’état d’une nation deshabituée depuis si longtemps du libéralisme. Les principes posés en 1789, y étaient à nouveau proclamés ; les confiscations faites par la Révolution (biens nationaux) se trouvaient confirmées, le Code civil était maintenu, la magistrature déclarée inamovible, la liberté de la presse assurée selon la formule jadis proposée par Mirabeau. Une Chambre des pairs héréditaire, une Chambre des députés élue, des ministres responsables devant les Chambres, un souverain suffisamment prémuni contre les entreprises parlementaires ou populaires complétaient l’économie d’une constitution qui — modifiée, mais non essentiellement en 1830 — devait durer jusqu’en 1848, c’est-à-dire en somme, trente-quatre ans.

  1. La famille royale comprenait les deux frères de Louis XVI : le comte de Provence qui avait pris le nom de Louis XVIII à la mort de son neveu enfermé dans la prison du Temple et le comte d’Artois, le futur Charles X. Le comte de Provence n’avait pas d’enfants ; le comte d’Artois avait deux fils : le duc d’Angoulême marié à sa cousine, la fille de Louis XVI et le duc de Berri.