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napoléon, empereur

Russie. Là sa fortune va toucher au terme et la tristesse des revers sanglants passera sur le frêle berceau du petit roi de Rome. Le 17 mai 1812, Napoléon à Dresde est apparu une dernière fois dans le formidable appareil de sa puissance ; son empire, d’Amsterdam à Rome, comprend 130 départements ; sept royaumes et trente principautés vassales gravitent à l’entour.

L’œuvre de douze années s’écroulera en douze mois. Entre les heures tragiques de novembre 1812 où ce qui reste de la grande armée franchit la Bérézina, en retraite sur l’Allemagne, et le 5 décembre 1813 qui voit les derniers cavaliers français repasser le Rhin, l’aveuglement de l’empereur a dépassé toutes bornes. « Vous êtes perdu, lui dit Metternich dans leur fameuse entrevue du 28 juin 1813 à Dresde. J’en avais le pressentiment ; à présent, j’en ai la certitude. » Perdu, il l’eût été plus vite et plus complètement sans la timidité de ses adversaires. Si ardente que soit l’opinion prussienne, Frédéric-Guillaume iii a longtemps hésité. Les souverains du sud qui doivent leurs couronnes à Napoléon, s’inquiètent à l’idée de faire défection. Enfin, les batailles de Lutzen et de Bautzen (printemps de 1813) prouvent que, sans valoir leurs devancières, les jeunes troupes hâtivement levées en France savent encore vaincre. Jamais Napoléon ne s’est montré plus maladroit dans ses violences, plus aveugle dans sa vanité. Et maintenant la haine de l’Europe contre lui se répand comme un torrent, entraînant jusqu’à la trahison Bernadotte, Murat et Moreau. La bataille de Leipzig dite « bataille des nations » (16, 17, 18 octobre 1813) décide du sort de l’Empire français. Les conditions qui seront désormais faites à