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préambule

qui allait devenir la constitution consulaire dite Constitution de l’an viii. Il fit plus ; il amena les membres des Commissions impuissantes à signer individuellement ce projet sans l’avoir discuté ; puis, jouant d’audace et superposant en quelque sorte les coups d’État les uns aux autres, il mit immédiatement la constitution en vigueur, plus de quarante jours avant la clôture du plébiciste qui devait lui donner force de loi.

L’année 1800 trouva de la sorte Bonaparte installé depuis quelques jours dans cette charge de Premier Consul qu’il avait taillée lui-même à sa mesure et qui, pourtant, n’allait pas suffire à son ambition grandissante.

Bonaparte, Premier Consul
(1799-1804)

La Constitution de l’an viii créait de nombreux rouages d’apparence pompeuse, destinés à encadrer et à masquer les pouvoirs despotiques attribués au Premier Consul. Celui-ci devait, en principe, être élu pour dix ans par le Sénat mais, pour cette fois, la constitution désignait expressément Bonaparte, l’exonérant de toute élection. De même, il était spécifié qu’une Commission composée des deux autres consuls, Cambacérès et Le Brun, et des consuls provisoires sortants, Sieyès et Roger Ducos, choisirait dictatorialement les membres du Sénat. Les sénateurs ainsi nommés, choisiraient à leur tour les 300 membres du Corps législatif et les 100 membres du Tribunat, ces deux assemblées ayant mission de discuter les lois que le gouvernement