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notre france

parte n’avait point fléchi ; elle était grande surtout parmi les intellectuels. « Les esprits les plus distingués de ce temps-là, Berthollet, Monge, Laplace, Chaptal, les savants, les poètes, les penseurs étaient convaincus que ce jeune général, géomètre et philosophe, allait fonder la République de leurs rêves » (Aulard). La situation, toutefois, n’était pas plus favorable à l’intérieur qu’à l’extérieur, à une action violente ; le public n’en sentait pas la nécessité. Partout, selon le témoignage d’un diplomate accrédité à Paris, « la confiance renaissait ». Les querelles religieuses s’apaisaient ; les législateurs étaient occupés « avec calme et gravité » à révoquer les lois terroristes sur l’emprunt forcé et les otages. Dans ces conditions, la préparation de la journée du 18 brumaire n’avait point été facile ; la comédie y avait constamment côtoyé le drame ; des complices habiles et peu scrupuleux s’étaient employés à réparer les bévues et à paralyser les hostilités ; il s’en était fallu d’un rien qu’ils n’échouassent de façon définitive et piteuse.

Ainsi était né le Consulat provisoire. Or, ce régime durait depuis le 11 novembre et on ne paraissait pas bien savoir par quoi il conviendrait de le remplacer. Les Commissions chargées d’élaborer une constitution marquaient de l’hésitation ; Sieyès leur avait soumis des projets d’un caractère vague et impratique ; celui de Daunou valait mieux, mais l’unanimité ne se faisait pas. Bonaparte, qui s’était montré souple et insinuant et en avait récolté le bénéfice, se démasqua brusquement ; sa patience, toujours courte, touchait au terme. Il assembla dans son salon quatre ou cinq personnes et leur dicta oe