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Page:Notices sur M. le comte Chaptal, et discours prononcés sur sa tombe, le 1er août 1832.djvu/58

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Trente ans d’existence ont suffi pour que cette législation établit entre les subordonnés et les chefs de l’industrie des liens si puissans de bienveillance et de concorde, que tous les efforts des agitateurs, que toutes les prédictions des doctrines antisociales les plus perverses, n’ont pu détruire l’harmonie entre les ouvriers et les maîtres qui les emploient. La loi qui leur donne des droits et des garanties a fait d’eux des citoyens ; ils en ont montré les vertus, le courage et la modération. J’en atteste les triomphes de 1830, et les troubles même qui depuis deux ans ont fatigué nos cités.

C’est à Chaptal qu’il faut rapporter ces perfectionnemens des arts mécaniques, par lesquels la France est devenue la première puissance industrielle du continent, et, sous beaucoup de rapports, la rivalle de l’Angleterre

Sous ses auspices, d’habiles artistes anglais sont venus apporter en France le secret de leurs mécaniques nouvelles et perfectionnées. Le ministre en a proposé l’adoption à tous les fabricans de tissus français ; il a publié des concours et proposé des prix, au nom du Gouvernement ; il a créé dans le Conservatoire des arts et métiers un enseignement spécial des procédés nouveaux qui devaient procurer à la France une richesse nouvelle. Lui-même, avec tout le prestige et l’ascendant que lui donnait son immense réputation, malgré les occupations accablantes de son ministère, trouvait encore des instans pour visiter toutes les fabriques importantes de la capitale, et pour donner de