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Page:Notices sur M. le comte Chaptal, et discours prononcés sur sa tombe, le 1er août 1832.djvu/44

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dans la carrière si pleine et si variée qu’il a parcourue ! comment redire tous les services qu’il a rendus !

Ses premiers pas étaient déjà de grands succès. Manufacturier, il enrichissait la France de procédés éminemment utiles ; négociant, il imposait les produits de notre sol aux nations étrangères ; professeur, il était cité comme un modèle de clarté et d’élégance : on dit que ses paroles étaient douces à entendre, et que ses auditeurs le chérissaient et le respectaient, comme autrefois Socrate et Platon étaient chéris et respectés de leurs disciples.

C’était à Montpellier, près de sa ville natale, qu’il préludait ainsi à la destinée que le sort lui réservait. Bientôt, transporté sur un plus grand théâtre, il déploie tous les talens que donnent l’étude et l’expérience aux esprits supérieurs. On le voit créer de vastes établissemens, instruire dans la première école du monde la jeunesse avide de l’entendre, éclairer le prince qui l’appelle à ses conseils, et passer dans le même jour des ateliers qu’il dirige à la chaire où il enseigne, et de cette chaire à la tribune, où il va soutenir les projets de loi que ses lumières ont fait prévaloir dans une réunion d’hommes d’État.

Son activité, son savoir suffisaient à tout. Ne soyons donc point surpris s’il fut choisi, pour le ministère de l’intérieur, par l’homme étonnant qui gouvernait alors la France.

Chargé de ses importantes fonctions, M. Chaptal en comprit toute l’étendue. Paris lui doit des embellissemens ; les hôpitaux, dont il fut l’un des adminis-