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Page:Notices sur M. le comte Chaptal, et discours prononcés sur sa tombe, le 1er août 1832.djvu/33

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pas cessé de le voir dans la cruelle maladie qui a terminé ses jours, d’admirer, dans son incomparable épouse et dans ses tendres filles, des soins dont il serait impossible d’exprimer toute l’affection ; il a assisté, les larmes aux yeux et l’ame déchirée, à ses derniers momens : comment serait-on surpris de trouver son nom au bas de cette simple notice ? Les lecteurs sensibles lui pardonneront sa reconnaissante témérité.

M. Jean-Antoine Chaptal, grand officier et grand’croix de l’ordre royal de la Légion d’Honneur, naquit, le 5 juin 1756, dans le département de la Lozère, de parens aussi estimables qu’aimés. Il fit ses premières études à Mende, sous les doctrinaires, et les termina dans le collège de Rodez. Appelé alors à Montpellier par un oncle qui, depuis cinquante ans exerçant la profession honorable de médecin, s’y distinguait par ses lumières, ses succès et ses vertus, il trouva dans la fortune de ce généreux parent les moyens de se livrer à l’étude des sciences naturelles et surtout de la chimie appliquée aux arts. Avec un zèle égal à ses talens, il y fit des progrès si prodigieux, qu’il fut, très jeune encore, en état de les enseigner, et que la chaire créée en sa faveur par les États du Languedoc se vit, à Montpellier comme à Toulouse, constamment environnée de la foule empressée de ses élèves et de ses auditeurs.

Au milieu de tant de succès, il obtint par un heureux mariage la main de mademoiselle Lajard, fille d’une bonne maison, cousine du général Lajard, ministre de la guerre sous Louis XVI, et qui, élevée dans l’excellent couvent de Chasaud à Lyon, parmi les