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Page:Notices sur M. le comte Chaptal, et discours prononcés sur sa tombe, le 1er août 1832.djvu/31

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l’homme privé en même temps que l’homme public ; nous nous sommes associés aux regrets de ses nombreux amis, à ceux de sa famille ; les larmes de l’attachement s’allient, autour de sa tombe, aux regrets de la patrie. Puissent ces larmes et ces regrets adoucir les douleurs de sa respectable compagne qui, pendant plus de quarante ans, partagea sa destinée, embellit sa vie, et qui aussi consola quelquefois ses peines ! Pour moi, Messieurs, qui me trouvais uni à lui par plusieurs liens divers et nombreux, en remplissant auprès de vous un si triste devoir, j’éprouve quelque soulagement à penser que mon affliction se confond avec la vôtre, à espérer que j’ai pu acquitter en votre nom une portion trop faible, sans doute, de la dette si étendue qui nous est imposée envers sa mémoire. Mais serait-ce assez ? Messieurs ; n’avons-nous pas plus encore pour honorer celle mémoire, qui devient pour nous un patrimoine ? Pourquoi ne chercherions-nous pas ou à faire exécuter son buste ou à demander une copie du beau portrait que Gros a fait de lui ? Hâtons-nous aussi de rassembler tous les écrits qui sont sortis de sa plume et de les placer dans notre bibliothèque ; sachons s’il n’existe pas aussi de lui quelques travaux manuscrits qui demanderaient à être conservés ; surtout maintenons de tous nos soins l’existence de cette Société qu’il servit si bien ; faisons-lui produire chaque jour de nouveaux fruits, et en réalisant le vœu qu’il avait formé pour elle par les services que nous rendrons à l’industrie, nous perpétuerons son œuvre et lui offrirons le plus digne hommage.