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Page:Normand - Pensées de toutes les couleurs, Calmann-Lévy.djvu/161

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La liberté est une utopie. Pris isolément, l’homme n’est jamais libre. Mille liens l’enchaînent ; mille obligations, mille défaillances le neutralisent. Pourquoi, dès lors, croire possible pour les masses ce qui ne l’est pas pour les individus ?

L’homme est si vaniteux que, sans en avoir conscience, il tire gloire d’événements dans lesquels il n’entre pour rien. À qui n’est-il pas arrivé, le matin, de s’écrier avec une petite pointe d’orgueil :

— « Ce qu’il a plu cette nuit ! »

Épousseter, c’est, dit-on, déplacer la poussière ; pour bien des gens, voyager c’est déplacer l’ennui.