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dans tous les romans où le fils de Charlemagne est mis en scène (ce sont surtout ceux du cycle de Guillaume au Court Nez), il est représenté comme un monarque faible, sans énergie, tenant plutôt du moine que du soldat. Un seul fait exception, la Reine Sibile, et encore, comme l’a fait remarquer M. G. Paris (Hist. poét., 400), n’est-il pas bien sûr que ce soit à la personne de Louis le Pieux qu’il ait été fait allusion dans ce poëme. Or dans l’Aiol, Louis est peint au contraire sous des couleurs très-favorables : il est juste, actif, courageux. Ce n’est plus ce Louis que nous montre le Couronnement Loeys, laissant tomber la couronne impériale que lui remet son père ; c’est un roi chevalier et guerroyant. Nous croyons qu’il y a là un fait remarquable qui donne à notre chanson un mérite tout particulier.

De même que pour les types des personnages, notre chanson offre, pour le récit, de véritables qualités. À côté de passages longs et diffus, on rencontre de fort belles scènes, des tableaux bien présentés et nombre de vers vigoureusement frappés. Elle n’a cependant pas toujours été appréciée à sa juste valeur par la critique moderne. Amaury Duval, dans le tome XVIII de l’Histoire littéraire, se demande si l’Académie des Inscriptions consacrera des notices à des poëmes tels qu’Aiol, et dans une discussion avec Fauriel, M. P. Paris n’est pas fort tendre pour notre chanson ; Fauriel au contraire paraît avoir eu une véritable prédilection pour notre Aiol, dans lequel il voyait un poëme provençal primitif, et l’a cité mainte fois dans son Histoire de la poésie provençale. Quant à nous, nous ne pouvons mieux finir qu’en répétant avec M. Léon Gautier que ce poëme est un « beau » poëme, qui peut tenir une