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son apparition, l’Aiol était célèbre : Alberic de Trois-Fontaines nous le dit en propres termes : Aiol, de quo canitur a multis (cf. p. xxxiij, en note) ; c’est là un témoignage précieux, car Alberic était bien au courant des chansons de geste qui formaient la matière même de son travail.

Si nous joignons à ces témoignages celui de Rutebeuf dans sa Complainte de Constantinoble (1261),

Isle de Cret, Corse et Sezile,
Chypre, douce terre et douce isle
Ou tuit avoient recouvrance,
Quant vous serez en autrui pile
Li rois tendra de ça concile
Comment Aiouls s’en vint en France [1],


celui d’Uc Faidit, qui dans sa Grammaire provençale (2e éd. Guessard, p. 54) donne la glosse suivante en ols estreit,

Aiols, proprium nomen viri,


et celui d’un Jeu parti d’Adam de la Halle [2],

Adan, par mi grans tribous,
Conquist tout en mendiant
Et honneur et pris Aious,
Ce set bien cascuns.........,


nous aurons cité tous les textes connus jusqu’ici servant à prouver la célébrité du poëme en France au moyen-âge.

Mais cette célébrité s’est étendue au dehors, et notre chanson a eu le sort réservé à presque tous les poëmes français : elle a été imitée à l’étranger. De ces imitations

  1. Œuvres de Rutebeuf, publ. par Ach. Jubinal, éd. 1874, I, 119.
  2. Ce Jeu parti qui se trouve dans le ms. fr. 1109 (fol. 121 vo) de la Bibl. nat. de Paris n’a pas été compris, non plus qu’une autre pièce du même genre, dans les Œuvres complètes d’Adam de la Halle, publiées par Coussemaker ; voy. Romania, VI, 590-3.