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D’Elie vint Ayous si con avant orés.
Ichi faut li romans de Julien le ber
Et d’Elye son fil qui tant pot endurer.
Cil engenra Aioul qui tant fist a loer,
Si con vous m’orés dire, sel volés escouter [1].

Ceci fait, les deux poèmes formaient dès lors à eux seuls un petit cycle, et c’est ainsi qu’ils ont été classés par M. Fauriel [2]. Mais ce n’était pas assez : nous savons qu’au commencement du xiiie siècle, à cette époque de notre poésie que M. d’Héricault a appelée l’époque cyclique, l’on s’efforçait de faire rentrer dans les trois grandes gestes (du Roi, de Doon de Mayence et de Garin de Monglane) établies dès les premières années du xiiie siècle par la Chronique saintongeaise [3], toutes les petites gestes éparses : tel fut le sort de notre chanson.

À laquelle des trois grandes gestes l’a-t-on rattachée ?

Son sujet, qui rapporte les exploits d’un héros isolé contre les Sarrasins, sujet qui au fond est le même dans la chanson d’Élie de Saint-Gille, l’excluait des gestes du Roi et de Doon de Mayence, et semblait la faire rentrer dans celle de Garin de Monglane. C’est en effet ce qui eut lieu, et Alberic de Trois-Fontaines, en nous donnant une généalogie complète de la famille de Garin de Monglane, y fait entrer Élie et Aiol, son fils [4].

  1. Paris, Bibl. nat., Mss. fr. 25516, fol. 95 v°.
  2. Origines de l’épopée chevaleresque (Revue des Deux-Mondes, VII, 571).
  3. Voy. G. Paris, Hist. poét. de Charl., 76.
  4. Voici le texte d’Alberic de Trois-Fontaines : « Garinus de Montglane versus Tolosam quatuor habuit filios, exercitio militari nominatissimos : Arnaldum de Bellanda, que fuit in Lombardia, Gerardum de Viena, Renerum Gebennensem et Milonem de Apulia. Gerardus de Viena filios habuit Savericum et Bovonem,