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qui lutta si longtemps contre les croisés. Nous voilà donc, par cette constatation, légèrement avancés dans le xiiie siècle. Une dernière observation nous fera placer après 1204 la date cherchée. C’est que pour nous il y a dans la prise de Pampelune par les Français et les Vénitiens réunis, récit qui termine la chanson, une allusion manifeste à la prise de Constantinople (12 avril 1204). Laissons, pour n’être pas trop affirmatifs, une période de dix ans s’écouler, et la date de notre remaniement en vers de 12 syllabes viendra se placer entre 1205 et 1215.

VI

Cycle auquel appartient le poëme.

Le poëte du xiiie siècle nous dit, en parlant d’Aiol aux v. 69-73,

Puis fu il chevaliers coragous et ardis,
Et si rendi son pere tout quite son pais,
Et Dameldieu de gloire de si boin ceur servi,
Quant vint après sa mort que en fiertre fu mis :
Encor gist a Provin, si con dist li escris,


et plus bas au v. 6041,

Tant fist Aiols en tere que il est sains el ciel.

Le trouvère a évidemment l’intention de ne faire qu’un seul et même personnage de notre héros et de S. Aioul, que l’Église catholique honore le 3 septembre. Mais il est facile de voir qu’il n’y a là qu’une invention de remanieur, car d’un côté ces deux allusions au saint ne se trouvent que dans le poëme dodécasyllabique, et de l’autre aucun détail de la chanson ne peut servir à identifier les deux personnages.