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EINSTEIN ET L’UNIVERS.

Ils s’appellent vecteurs contrevariants et covariants, tenseurs, scalaires, déterminants, vecteurs orthogonaux, symboles à trois indices généralisés, que sais-je…

Tous ces êtres, importés du fond le plus sauvage de la jungle mathématique, s’accolent ou se subdivisent dans une promiscuité étrange, par ces chirurgies étonnantes qu’on appelle l’intégration et la différentiation.

Bref si Einstein est un trésor, un horrible troupeau de reptiles mathématiques en éloigne le curieux. Qu’il y ait en eux, comme dans les gargouilles gothiques, une secrète beauté, c’est certain.

Mais il vaut mieux, armés du fouet éclatant qu’est le verbe, les chasser loin de nous et monter jusqu’aux splendeurs einsteiniennes par le clair et noble escalier du langage français.

Qui est le physicien Einstein ? Il n’importe point ici. Sachons seulement qu’il a refusé de signer naguère l’immonde manifeste des 93, ce qui lui a valu les persécutions des pangermanistes.

Au surplus, les vérités géométriques, les découvertes scientifiques ont une valeur intrinsèque qui doit être jugée et pesée objectivement, quel que soit celui qui les a trouvées.

Pythagore eût-il été le dernier des criminels et des malhonnêtes gens, cela n’enlèverait rien à la validité du carré de l’hypoténuse. Un théorème est vrai ou faux, que le nez de son auteur ait la ligne aquiline des fils de Sem, camuse de ceux de Cham ou rectiligne de ceux de Japhet. Est-ce réellement un signe que l’humanité