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Page:Nietzsche - Considérations inactuelles, I.djvu/97

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aucun prix être un philistin. À aucun prix ! À aucun prix ! Je veux être Voltaire, le Voltaire allemand. Et pour mettre les choses au pire, le Lessing français ! »

Nous nous permettons de dévoiler un secret : notre magister ne sait pas toujours ce qu’il préférerait être, Voltaire ou Lessing, mais à aucun prix il ne veut être un philistin. Si cela est possible il voudrait les incarner tous deux, Lessing et Voltaire — afin que s’accomplisse ce qui était écrit : « Il n’a pas du tout de caractère, mais s’il voulait en avoir un il lui faudrait d’abord le prendre. »

10.

Si nous avons bien compris Strauss, le sectateur, il est un véritable philistin avec une âme rétrécie et sèche, avec des besoins savants et prosaïques ; et pourtant personne ne serait plus fâché d’être appelé philistin que David Strauss l’écrivain. Il serait satisfait, si on le disait pétulant, téméraire, malicieux, hardi ; mais son plus grand bonheur, ce serait d’être comparé à Lessing ou à Voltaire, parce que ceux-ci n’étaient certainement pas des philistins. Dans son désir d’atteindre ce bonheur, il hésite souvent, ne sachant pas s’il doit égaler l’audacieuse impétuosité dialectique d’un Lessing ou s’il lui conviendrait mieux de se comporter en vieillard faunesque et libertin à la manière de Voltaire. Chaque fois