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de ces louangeurs, un louangeur quelconque, transcrit, par exemple, cette impression de la façon suivante :

« Le discours se poursuit avec une harmonie agréable et c’est en quelque sorte en se jouant qu’il manie l’art de la démonstration partout où sa critique s’exerce contre les choses anciennes, et aussi là où il prépare avec séduction les choses nouvelles qu’il présente aussi bien au goût simple qu’au goût délicat. La disposition d’une matière aussi multiple qu’inégale, où il fallait toucher à tout sans rien amplifier, est imaginée avec beaucoup de subtilité. Les transitions d’une matière à l’autre sont jointes artistement et l’on ne sait pas s’il faut admirer davantage l’habileté qui est mise à écarter ou à taire des choses gênantes. »

Les sens de pareils louangeurs, s’il faut en juger par ce qui précède, manquent de raffinement pour juger ce que peut un auteur, mais ils mettent d’autant plus de raffinement à expliquer ce qu’un auteur veut. Or, ce que veut Strauss, nous le devinons avec le plus de certitude à la façon emphatique et innocente à demi qu’il met à recommander les grâces de Voltaire au service desquelles il aurait pu apprendre ces arts « court-vêtus » dont parle son louangeur — à condition toutefois que la vertu puisse s’enseigner et qu’un magister puisse devenir un danseur.

Qui donc n’aurait pas certaines arrière-pensées