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n’a rien à voir avec la seconde, la quatrième rien avec la troisième, et parce que les trois dernières n’ont rien à voir avec la première. Le naturaliste, par exemple, lorsqu’il soulève la troisième question, témoigne précisément de son pur sens de la vérité en passant silencieusement à côté de la seconde ; et Strauss lui-même semble comprendre que les thèmes de la quatrième partie : le mariage, la république, la peine de mort, ne seraient qu’embrouillés et obscurcis par l’introduction des théories darwiniennes empruntées à la troisième partie, et, de fait, Strauss semble l’avoir compris, car il n’en tient plus compte. Mais la question : sommes-nous encore chrétiens ? fait tort à l’indépendance des recherches philosophiques et donne à celles-ci je ne sais trop quelle teinte désagréable de théologie. De plus, Strauss a tout à fait oublié qu’aujourd’hui encore la plus grande partie de l’humanité est bouddhiste et non pas chrétienne. Comment peut-on, en écrivant « l’ancienne foi », penser sans plus au christianisme ! Si d’une part l’on s’aperçoit que Strauss n’a jamais cessé d’être théologien chrétien et que, par conséquent, il n’a jamais appris à devenir philosophe, il surprend également par ceci qu’il ne sait pas distinguer entre la science et la foi, et qu’il nomme, sans cesse, d’une seule haleine, la nouvelle science et ce qu’il appelle sa « nouvelle foi ». Ou bien le mot « nouvelle foi » ne serait-il qu’une accommodation ironique à l’usage ? Nous pourrions