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cette tâche importante est résolue, quand l’édifice lui-même est dressé avec des proportions heureuses, il reste encore bien des choses à faire. Combien de petits défauts doivent être redressés, combien de lacunes demandent à être remplies. Çà et là il a fallu se contenter d’abord d’une cloison ou d’un plancher provisoires, partout il reste de la poussière et des décombres, et partout où l’on porte les regards on trouve les traces de l’effort et du travail. La maison, dans son ensemble, est encore lugubre et inhabitable. Tous les murs sont nus et le vent souffle par les fenêtres ouvertes. Mais il nous est provisoirement indifférent de savoir si Strauss a fini par accomplir ce travail indispensable, long et pénible, car il faut nous demander avant tout si l’édifice lui-même a été construit dans son ensemble selon de bonnes proportions. On sait que le contraire de ce procédé c’est de composer un livre de morceaux disparates comme les savants ont coutume de faire. Ils croient que le sujet qu’ils traitent suffit à unir ces morceaux et ils confondent cette similitude avec le lien logique et artistique. Certes, le rapport des quatre questions principales qui servent de titre aux parties du livre de Strauss n’a rien de logique. « Sommes-nous encore des chrétiens ? — Possédons-nous encore une religion ? — Comment comprenons-nous le monde ? — Comment ordonnons-nous notre vie ? » Le lien logique fait défaut parce que la troisième question