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Strauss de toutes les questions vitales, que ce soit le problème du mariage, ou la guerre, ou encore la peine de mort, nous sommes effrayés de son manque d’expériences vraies et de connaissance originale du cœur humain. Tous les jugements sont uniformément livresques, ou même, au fond, simplement journalistiques. Les réminiscences littéraires remplacent les idées véritables et l’entendement pratique des choses ; une modération affectée et une phraséologie vieillotte doivent compenser pour nous le manque de sagesse et de maturité dans la pensée. Comme tout cela correspond à l’esprit qui anime les chaires bruyantes de la science allemande dans les grandes villes ! Combien un tel esprit doit être sympathique à tel autre esprit ! Car c’est précisément en ces lieux que la culture est devenue de plus en plus rare que la formation d’une nouvelle culture a été rendue impossible, tellement les apprêts des sciences qui s’y pratiquent se sont fait bruyants, tellement les branches favorites y sont assaillies comme par des troupeaux au détriment des branches qui seraient pourtant les plus importantes. Quelle lanterne faudrait-il pour trouver des hommes capables de s’abandonner au génie avec le souci intime d’en saisir les profondeurs, et qui posséderaient le courage et la force d’évoquer les démons qui se sont enfuis hors de notre temps ! Si l’on n’envisage ces institutions que par le côté extérieur, on y trouve, à vrai dire, toutes les pompes