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d’une machine ? Et combien l’ouvrier serait consolé, s’il savait que cette huile coule sur lui tandis que la machine saisit ses membres ? Admettons simplement que l’image soit malheureuse, et fixons notre attention sur un autre procédé par lequel Strauss cherche à établir quel est en somme son état d’esprit en face de l’Univers. La question de Marguerite erre sur ses lèvres : « Il m’aime — il ne m’aime pas — m’aime-t—il ? » Et si Strauss n’effeuille pas de pétales de fleurs ou ne s’amuse pas à compter les boutons de son habit, ce qu’il fait, bien qu’il y faille peut-être un peu plus de courage, n’en est pas moins innocent. Strauss veut savoir exactement si oui ou non son sentiment à l’égard du « tout » est paralysé et atrophié, et, à cette fin, il se fait une piqûre. Car il sait que l’on peut, sans douleur, piquer un membre d’un coup d’aiguille, quand ce membre est paralysé ou atrophié. À vrai dire, il ne se pique pas véritablement, mais il se sert d’un moyen plus violent encore qu’il décrit ainsi : « Nous ouvrons Schopenhauer qui frappe notre idée au visage à chaque occasion » (p. 143). Or, une idée n’ayant pas de visage — fût-elle même l’idée de Strauss par rapport à l’univers — mais le visage pouvant tout au plus appartenir à celui qui a l’idée, le procédé se décompose en plusieurs actions. Strauss ouvre Schopenhauer lequel le frappe... au visage. Alors Strauss « réagit » dans un sens « religieux », c’est-à-