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force inquiète se manifeste partout par le regard ardent et les muscles gonflés, s’en va rôder après le butin !

5.

Comme mon ami eut raison de ne plus vouloir poursuivre sa lecture lorsqu’il fut éclairé, par cette figure fantasmagorique, au sujet du Lessing de Strauss et au sujet de Strauss lui-même. Nous, cependant, nous avons continué à lire et nous avons demandé au gardien de la loi nouvelle de nous introduire aussi dans le sanctuaire de la musique. Le magister ouvre, nous accompagne, nous donne des explications, cite des noms... Enfin nous nous arrêtons avec méfiance et nous le regardons : ne nous serait-il pas arrivé la même aventure que celle dont notre ami fut victime en rêve ? Les musiciens dont parle Strauss, tant qu’il nous en parle, nous paraissent inexactement dénommés, et nous pensons qu’il est question d’autres personnes, si ce n’est de fantômes moqueurs. Lorsqu’il prend par exemple à la bouche le nom de Haydn, avec cette chaleur qui nous parut si suspecte lorsqu’il louangea Lessing, et qu’il essaie de se faire passer pour épopte et prêtre d’un culte des mystères haydniens, mais qu’il compare Haydn à un « honnête pot-au-feu » et Beethoven à de la « confiture » (en parlant des quatuors ! — p. 362),