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côtés. » — C’est ainsi que gémit notre magister.

Mais profitons des moments fugitifs, où nous pouvons séjourner dans cette petite chambre. Le temps nous suffit pour envisager, sous toutes ses faces, l’image idéale du philistin, c’est-à-dire le philistin lavé de toutes ses souillures, qui maintenant est le type pur du philistin. Sérieusement, ce qui s’offre ici est instructif. Que personne de ceux qui ont été victimes de la profession de foi ne laisse tomber le livre de ses mains sans avoir lu les deux chapitres qui portent le titre « de nos grands poètes » et « de nos grands musiciens ». C’est là que se dresse l’arc-en-ciel de la nouvelle alliance, et celui qui ne prend pas plaisir à le contempler « est irrémédiablement perdu », comme dit Strauss en une autre occasion, mais comme il pourrait dire également ici, en ajoutant : « celui-là n’est pas encore mûr pour notre point de vue ». N’oublions pas que nous sommes au ciel le plus élevé. L’enthousiaste périégète s’apprête à être notre guide et il s’excuse si l’extrême plaisir que lui procurent toutes les splendeurs le fera parler un peu trop longtemps. « S’il m’arrive, dit-il, de devenir plus loquace que ne le commanderaient les circonstances, le lecteur voudra bien me le pardonner car les lèvres débordent chez celui dont le cœur est plein. Qu’il soit pourtant préalablement assuré d’une chose, c’est que tout ce qu’il va lire ne se compose pas de pages écrites autrefois et que j’in-