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Page:Nietzsche - Considérations inactuelles, I.djvu/159

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d’histoire critique, mais non point comme en aurait besoin une troupe de purs penseurs qui ne fait que regarder la vie, non comme des individus avides de savoir et que seul le savoir peut satisfaire, pour qui l’augmentation de la connaissance est le but même de tous les efforts, mais toujours en vue de la vie, par conséquent aussi sous la domination, sous la conduite suprême de cette vie même. C’est là le rapport naturel d’une époque, d’une civilisation, d’un peuple avec l’histoire, — rapport provoqué par la faim, régularisé par la mesure des besoins, contenu par la force plastique inhérente. La connaissance du passé, dans tous les temps, n’est souhaitable que lorsqu’elle est au service du passé et du présent, et non point quand elle affaiblit le présent, quand elle déracine les germes vivaces de l’avenir. Tout cela est simple, simple comme la vérité, et celui-là même en est persuadé qui n’a pas besoin qu’on lui en fasse la démonstration historique.

Qu’on nous permette de jeter un coup d’œil rapide sur notre temps ! Nous sommes effrayés, nous reculons. Qu’est devenue toute la clarté, tout le naturel, toute la pureté dans ce rapport entre la vie et l’histoire ? Le problème s’agite maintenant à nos yeux dans tout son désordre, son exagération, son trouble. La faute en est-elle à nous, les contemplateurs ? Ou bien la constellation de la vie et de l’histoire s’est-elle véritablement transformée, par le fait qu’un astre puissant et ennemi s’est introduit