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gués parfois dans un coin misérable, n’ont pas le sentiment du sacrifice, de l’abandon. Ils semblent parfois SB I’€¤Ci !’8 Compte, dans leur for intérieur, qu’ilS Il’8PP&1’·· tiennent pas à la gent ailée, mais à la gent rampante. Cette qualité les rend presque touchantS·

En Sixième lieu, la fidélité qu’ils vouent à leurs maîtres et àleurs conducteurs. A ceux-là ils voudraient aider de tout cœur et ils savent bien que c’est avec la vérité q11’ilS leur aideraient le mieux. Car ils sont doués de reconnaissance, parce que c’est par la reconnaissance seule qu’ils ont pu pénétrer dans le vénérable portique i «i’i de la science, où jamais leur propre effort n’eût pu leur donner accès. Celui qui sait aujourd’hui s’ériger en maître dans un domaine accessible aux esprits médiocres V qui peuvent y travailler avec succès, celui-là devient un homme célèbre dans le temps le plus bref, tant est considérable le nombre de ceux qui veulent se presser autour de lui. Il est vrai que chacun de ces fidèles et de ces obligés devient aussi pour le maître une calamité, parce que, tous, ils veulent l’imiter et qu’alors ses inürmités semblent comme démesurées et exagérées, quand on les aperçoit sur des êtres aussi médiocres, alors qu’au contraire les vertus du maître sont diminuées dans ia même proportion dès qu’on » les retrouve chez les disciples.

En septième lieu, la routine professionnelle qui pousse le savant à suivre toujours la même voie où il a été poussé, la·—véracité par inadvertance, conformément à une habitude prise. De pareilles natures deviennent des collectionneurs, des commentateurs, des confection neurs d’index et d’herbiers ; ils s’instruissent et font des recherches sur le même domaine, simplement parce qu’ils ne