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sommes encore bien éloignés du déclin, et l’art de Wagner ne correspond ni au midi ni au couchant de notre art ; il n’est qu’un dangereux accident, une exception et un problème par quoi toutes les sévères consciences d’artistes ont été mises à l’épreuve ! Nous avons appris à dire non au bon moment ; tout musicien sincère et profond dit aujourd’hui non en face de Wagner et de lui-même, dans la mesure où il « wagnérise » encore, — et il le fera avec d’autant plus d’énergie qu’il aura été à l’école de Wagner et que Wagner lui aura appris quelque chose.

7.

Il se peut que les musiciens mal doués, avides d’argent et d’honneur, soient aujourd’hui en mauvaise posture ; précisément pour eux il y a, dans la façon dont Wagner fait de la musique, un attrait raffiné. Car il est facile de composer avec les procédés et les artifices de Wagner ; il se peut aussi, étant donné le besoin démagogique d’exciter les « masses », qui est propre à nos artistes d’aujourd’hui, que cela soit rémunérateur, c’est-à-dire d’un effet plus considérable, plus « écrasant », plus « frappant », plus « saisissant » et quelles que soient les épithètes favorites et traîtresses de la populace théâtrale et des dilettantes enthousiasmés. Mais, que signifient, en fin de compte, en matière d’art, le bruit et l’enthousiasme des masses ? La bonne musique n’a jamais de « public » ; elle n’est et ne saurait être « ouverte » à tous, elle appartient aux êtres de choix, elle doit exister, toujours et exclusivement — pour parler en image — pour la « camera ». Les « masses » devinent celui qui s’entend le mieux à les flatter ; elles témoignent, à leur façon, de la reconnaissance à tous les talents démagogiques et elles leur rendent la pareille aussi bien qu’elles peuvent. (Comment les « masses » s’entendent à témoigner de la reconnaissance, et avec quel « esprit », quel « goût », la mort de Victor Hugo en a fourni un témoi-