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Page:Nietzsche - Considérations Inactuelles, II.djvu/118

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a pesé sur les hommes. On n’apprend plus non plus È euxa penser logiquement et, dans une justeappre- E ciation de leurs forces, ils ont cesse leurs habituelles 2 disp utations. ’ ’j

Sansadoute, du côté des sciences spéciales est-on

maintenant plus logique, plus prudent, plus inodeste ’et plus inventif ; bref, tout s’y passe d’une façon plus, philosophique que chez les prétendus philosophes. Tout le monde approuvera donc Bagehot, cet Anglais sans Z A préjugés, quand il dit des constructeurs actuels de sys-, tèmes :’« Qui donc n’est pas convaincu d’avance que leurs prémisses contiennent un singulier mélange de é vérité et d’erreur et que cela ne vaut pas la peine de réfléchir aux conséquences qu’ils présentent ? ce que ces systèmes ont de complet attirera peut-être la jeunesse et E impressionnera les gens sans’expérience, mais les fhommes faits ne s’en laisseront point éblouir. Ceux-ci Q-L sont toujours prêts à accueillir favorablement les indi- i ? ’cations et les conjectures et ia plus petite véritéltrouve · ’chez eux bon accueil. Mais un gros livre rempli de philosophie déductive appelle la méfiance. D’innom-· 4 brables principes abstraits, et dont la démonstration fait ’défaut, sont hâtivement’rassemblés par des gens à l’imagination vive et mobile et soigneusement tirés en longueur dans des livres et des théories qui doivent 9- servir à expliquer le monde entier. Mais le monde ne se préoccupe pas de ces abstractions, ce qui n’est’pas étonnant, vu qu’elles se contredisent les unes les ’’i, g autres, » Si, autrefois, les philosophes, surtout en Alley ï, ’magne, étaient plongés dans une si profonademéditatjonh qu’ils couraient sans cesse le danger de donner de la