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AURORE

arranges cela avec toi-même, car c’est ta vie qui est en jeu. » C’est Luther qui nous interpelle ainsi et il croit nous mettre le couteau sur la gorge. Mais nous le repoussons avec les paroles de quelqu’un de plus haut et de plus circonspect : « Il nous appartient de ne point nous former d’opinion sur telle ou telle chose, pour épargner de la sorte l’inquiétude à notre âme. Car, de par leur nature, les choses ne peuvent nous forcer à avoir une opinion. »

83.

Pauvre humanité ! — Une goutte de sang de plus ou de moins dans le cerveau peut rendre notre vie indiciblement misérable et pénible. Cette goutte nous fait alors souffrir plus que l’aigle ne faisait souffrir Prométhée. Mais cela n’est vraiment tout à fait épouvantable que lorsque l’on ne sait même pas que c’est cette goutte qui en est la cause. Et que l’on se figure que c’est « le diable », ou bien « le péché » ! —

84.

La philologie du christianisme. — On peut assez bien se rendre compte combien peu le christianisme développe le sens de la probité et de la justice en analysant le caractère des œuvres de ses savants. Ceux-ci avancent leurs suppositions avec autant d’audace que si elles étaient des dogmes, et l’interprétation d’un passage de la Bible les met rarement dans un embarras loyal. On lit sans cesse :