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AURORE

sacré que celui de la grossesse ? Faire tout ce que l’on fait avec la conviction intime que, d’une façon ou d’une autre, cela profitera à ce qui est en nous en état de devenir ! que cela augmentera la valeur secrète, à quoi nous pensons avec ravissement du mystère que nous portons en nous. C’est alors que l’on évite bien des choses sans être forcé de se contraindre durement ! On étouffe une parole violente, on donne la main conciliante d’une façon : l’enfant doit naître de ce qu’il y a de meilleur et de plus doux. Nous nous épouvantons de notre violence et de notre brusquerie, comme si elles versaient, au cher inconnu, une goutte de malheur dans le gobelet de sa vie ! Tout est voilé, rempli de pressentiments, on ne sait pas comment cela se passe, on attend et on cherche à être prêt. Pendant ce temps, un sentiment pur et purifiant de profonde irresponsabilité domine en nous, un sentiment pareil à celui du spectateur devant le rideau baissé. — Cela grandit, cela vient au jour, nous n’avons rien entre les mains pour déterminer sa valeur ou l’heure de sa venue. Nous en sommes entièrement réduits aux influences indirectes bienfaisantes et défensives. « Il y a là quelque chose qui grandit, quelque chose de plus grand que nous » — Tel est notre plus secret espoir : nous préparons tout en vue de sa naissance et de sa prospérité : non seulement tout ce qui est utile, mais encore le superflu, les réconfortants et les couronnes de notre âme. — Il faut vivre avec ce feu sacré ! On peut vivre ainsi ! Et soit que nous soyons dans l’attente d’une pensée ou d’une action, — en face de tout