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AURORE

sance non seulement enveloppe les choses de sa beauté, elle introduit aussi sa beauté, d’une façon durable, dans les choses ; — que l’humanité de l’avenir rende témoignage de cette affirmation ! En attendant, souvenons-nous d’une vieille expérience : deux hommes aussi foncièrement différents que Platon et Aristote s’entendirent sur ce qui constitue le bonheur suprême, non seulement pour eux et pour les hommes, mais le bonheur en soi-même, pour les dieux des dernières béatitudes : ils le trouvèrent dans la connaissance, dans l’activité d’une raison exercée à trouver et à inventer (et nullement dans l’« intuition », comme firent les théologiens et les demi-théologiens allemands, nullement dans la vision, comme firent les mystiques, et de même nullement dans le travail, comme firent tous les praticiens). Descartes et Spinoza portent le même jugement : combien ils ont dû tous jouir de la connaissance ! Et quel danger il y avait pour leur loyauté de devenir ainsi des panégyristes des choses !

551.

Des vertus de l’avenir. — D’où vient-il donc que plus le monde est devenu intelligible plus a diminué toute espèce de solennité ? Était-ce parce que la crainte fut si souvent l’élément fondamental de cette vénération qui s’emparait de nous devant tout ce qui nous paraissait inconnu, mystérieux, et qui nous faisait nous prosterner et demander grâce devant l’incompréhensible ? Et le monde, par le fait que nous sommes devenus moins craintifs, n’aurait-