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AURORE

n’est pas seulement affaire de bonne volonté ; il faut pouvoir apprendre. Chez un artiste c’est souvent l’envie qui s’y oppose, ou bien cette fierté qui, dès que s’élève le sentiment de l’étrange, se met immédiatement en état de défense, au lieu de se mettre en état réceptif. Raphaël n’avait ni cette envie ni cette fierté, tout comme Gœthe, et c’est pourquoi ils furent tous deux de grands apprentis, et non pas seulement les exploiteurs de ces filons qui s’étaient formés par les déplacements de couches et par la généalogie de leurs ancêtres. Raphaël disparaît à nos yeux au moment où il apprend encore, occupé qu’il était à s’assimiler ce que son grand rival appelle sa « nature » : il en enlevait tous les jours un morceau, ce noble voleur ; mais avant d’avoir transporté chez lui Michel-Ange tout entier, il mourut — et la dernière série de ses œuvres, début d’un nouveau plan d’études, est moins parfaite et moins bonne absolument, — justement parce que le grand apprenti fut troublé par la mort, dans l’accomplissement de sa tâche la plus difficile, et qu’il a emporté avec lui le dernier but justificateur vers quoi il visait.

541.

Comment il faut se pétrifier. — Devenir dur, lentement, lentement, comme une pierre précieuse — et finalement demeurer là tranquillement, pour la joie de l’éternité.

542.

Le philosophe et la vieillesse. — On a tort de