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AURORE

plus nous-mêmes, nous souffrons de tout ce que nous avons vécu et de tout ce que nous n’avons pas vécu, c’est comme si nous étions sous des rochers nus avant la tempête, et nous sommes en même temps comme de pitoyables âmes d’enfant qui ont peur d’un bruissement et d’une ombre. — Les trois quarts de ce qui se fait de mal sur la terre se fait par crainte : et cela est avant tout un phénomène physiologique ! —

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Savez-vous aussi ce que vous voulez ? — N’avez-vous jamais été tourmentés par la crainte de ne pas être aptes du tout à reconnaître ce qui est vrai ? La crainte que votre sens est encore trop émoussé et votre subtilité visuelle encore beaucoup trop grossière ? Si vous pouviez remarquer une fois quelle volonté domine derrière votre vision ! Par exemple comme hier vous vouliez voir plus qu’un autre, aujourd’hui autrement que cet autre, ou bien comme, dès l’abord, vous aspiriez à voir quelque chose qui se trouve en conformité ou en opposition avec ce que l’on a cru remarquer jusqu’à présent ! Ô honteuses envies ! Comme vous êtes souvent à l’affût de l’effet violent, ou encore de ce qui tranquillise, — puis que vous voici fatigués ! Toujours pleins de pressentiments secrets sur la façon dont la vérité devrait être conformée pour que vous, justement vous, puissiez l’accepter ! Ou bien croyez-vous qu’aujourd’hui, parce que vous avez gelé et que vous êtes maintenant secs comme un matin clair en hiver et que rien ne vous oppresse le cœur,