Ouvrir le menu principal
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
371
AURORE

à quoi semblent l’obliger un emploi, une division prescrite du temps, une façon arbitraire de s’appliquer. Mais il finit par tomber malade : car cette apparente contrainte morale détruit sa force nerveuse aussi radicalement que pourrait le faire une débauche dont il se serait fait une règle.

501

Âmes mortelles ! — Par rapport à la connaissance, la plus utile conquête qui ait peut-être été faite, c’est d’avoir renoncé à la croyance en l’âme immortelle. Maintenant l’humanité a le droit d’attendre, maintenant elle n’a plus besoin de se précipiter et d’accepter des idées mal examinées, comme il lui fallait faire autrefois. Car alors le salut de la pauvre « âme immortelle » dépendait de ses convictions durant une courte existence, il lui fallait se décider d’aujourd’hui à demain, — la « connaissance » avait une importance épouvantable ! Nous avons reconquis le bon courage à errer, à essayer, à prendre provisoirement — tout cela a moins d’importance ! — et c’est justement pour cela que des individus et des générations entières peuvent envisager des tâches si grandioses qu’elles seraient apparues au temps jadis comme de la folie et un jeu impie avec le ciel et l’enfer. Nous avons le droit de faire des expériences avec nous-mêmes ! L’humanité tout entière en a même le droit ! Les plus grands sacrifices n’ont pas encore été portés à la connaissance, — soupçonner de pareilles pensées, telles qu’elles précèdent maintenant nos actes, cela