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AURORE


498.

Ne pas exiger. — Vous ne le connaissez pas ! Il est vrai qu’il se soumet facilement et librement aux hommes et aux choses, et qu’il a des bontés pour tous deux — tout ce qu’il demande c’est qu’on le laisse tranquille — mais seulement tant que les hommes et les choses n’exigent pas de soumission. Toute exigence le rend fier, farouche et belliqueux.

499.

Le méchant. — Il n’y a de méchant que l’homme solitaire, s’écria Diderot : et de suite Rousseau se sentit visé et en fut blessé mortellement. Ce qui prouve qu’il s’avoua que Diderot avait raison. Il est vrai que tout mauvais instinct est forcé de s’imposer, dans la société et les relations sociales, une telle contrainte, est forcé de mettre tant de masques, de se coucher soi-même si souvent dans le lit de Procuste de la vertu, que l’on pourrait très bien parler d’un martyre de l’homme méchant. Dans la solitude tout cela disparaît. Celui qui est méchant l’est le plus dans la solitude : et aussi le mieux — par conséquent, pour celui dont l’œil ne voit partout que spectacle, c’est là aussi qu’il l’est avec le plus de perfection.

500.

À rebrousse-poil. — Un penseur peut se contraindre pendant des années de penser à rebrousse-poil : je veux dire de ne pas suivre les pensées qui s’offrent à lui, venant de son intérieur, mais celles