Ouvrir le menu principal
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
367
AURORE

leur faveur, mais ce serait une folie de ma part de vouloir écarter des fruits savoureux pour moi, rien que parce que ces fruits poussent par hasard sur mon arbre ! — Et j’ai fait autrefois cette folie. — B : Chez d’autres, c’est l’inverse qui arrive : et cela aussi ne veut rien dire pour la valeur de leurs idées ni surtout contre la valeur de ces idées.

494.

Dernier argument du brave. — « Dans ce buisson il y a des serpents. — Bien, je vais me rendre dans les buissons et les tuer. — Mais peut-être seras-tu la victime et ne seront-ils pas même la tienne ! — Qu’importe de moi ! »

495.

Nos maîtres. — Pendant sa jeunesse on prend ses maîtres et ses conducteurs dans le présent et dans les cercles où le hasard nous place : nous avons la conviction irraisonnée que le présent doit posséder des maîtres qui peuvent nous servir plus qu’à tout autre, et qu’il nous faut les trouver sans les chercher. On pâtit durement plus tard pour cet enfantillage : il faut expier ses maîtres sur soi-même. Alors on parcourra peut-être le monde entier, présent et passé, à chercher les véritables indicateurs, — mais il sera peut-être trop tard. Et, au pis aller, nous découvrons qu’ils ont vécu lorsque nous étions jeunes — et qu’alors nous nous sommes trompés.