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AURORE

verte et de la divination a pris pour nous autant de charme et nous est devenue tout aussi indispensable que ne l’est, pour l’amoureux, l’amour malheureux : à aucun prix il n’aimerait l’abandonner pour l’état d’indifférence ; — oui, peut-être sommes-nous, nous aussi, des amants malheureux. La connaissance s’est transformée chez nous en passion qui ne s’effraye d’aucun sacrifice et n’a, au fond, qu’une seule crainte, celle de s’éteindre elle-même ; nous croyons sincèrement que l’humanité tout entière, accablée sous le poids de cette passion, doit se croire plus altière et mieux consolée qu’elle ne l’a été jusqu’à présent, alors qu’elle n’avait pas encore surmonté la satisfaction plus grossière qui accompagne la barbarie. La passion de la connaissance fera peut-être même périr l’humanité ! — cette pensée, elle aussi, est sans puissance sur nous. Le christianisme s’est-il donc effrayé d’idées semblables ? La passion et la mort ne sont-elles pas sœurs ? Oui, nous haïssons la barbarie, — nous préférons tous voir l’humanité périr plutôt que de voir la connaissance revenir sur ses pas ! Et, en fin de compte : si la passion ne fait pas périr l’humanité, elle périra de faiblesse. Que préfère-t-on ? C’est là la question principale. Voulons-nous que l’humanité finisse dans le feu et dans la lumière ou bien dans le sable ?

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Cela aussi est héroïque. — Faire les choses les plus mal odorantes dont on ose à peine parler, mais qui sont utiles et nécessaires, — cela aussi