Ouvrir le menu principal
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
270
AURORE

au plus profond centre de la terre. Être une fois entièrement sans puissance ! Un jouet entre les mains de forces primordiales ! Il y a un repos dans ce bonheur, un allègement du grand fardeau, une descente sans fatigue, comme si l’on était abandonné à une pesanteur aveugle. C’est le rêve de l’homme qui gravit les montagnes et qui, quoiqu’il ait son but au-dessus de lui, s’endort une fois en route dans une profonde fatigue et rêve du bonheur dans le contraire — de rouler sans peine au bas de la montagne. — Je décris le bonheur comme je me le figure dans notre société actuelle, notre société d’Europe et d’Amérique, pourchassée et altérée de puissance. De-ci, de-là, ils veulent retomber dans l’impuissance, — les guerres, les arts, les religions, les génies leur offrent cette jouissance. Lorsque l’on s’est une fois abandonné à une impression momentanée qui dévore et étouffe tout — c’est l’impression de fête moderne ! — on redevient après plus libre, plus reposé, plus froid, plus sévère et l’on aspire alors, sans repos, à atteindre le contraire : la puissance. —

272.

La purification de la race. — Il n’y a probablement pas de races pures, mais seulement des races épurées, et celles-ci sont extrêmement rares. Ce qu’il y a de plus répandu ce sont les races croisées chez lesquelles, à côté des défauts d’harmonie dans les formes corporelles (par exemple quand les yeux et la bouche ne s’accordent pas) se trouvent néces-